L'égalité entre les sexes est un enjeu économique pour les entreprises, les travailleurs, les familles et les communautés. Les données canadiennes montrent des progrès importants en matière d'éducation, de participation au marché du travail, d'entrepreneuriat et d'accès aux services de garde d'enfants. Ces mêmes chiffres révèlent également que les chances ne sont pas réparties de manière équitable, en particulier pour les personnes noires, autochtones, racialisées, 2SLGBTQI+, les femmes en situation de handicap et les personnes assumant une part disproportionnée des tâches de soins non rémunérées.
Ces résultats sont influencés par des facteurs qui se recoupent, notamment l'origine raciale, l'origine ethnique, l'appartenance à une communauté autochtone, le handicap, l'âge, l'orientation sexuelle, l'identité de genre, le statut d'immigrant et la situation géographique. L'analyse de ces recoupements aide les dirigeants d'entreprise à comprendre où des progrès réels ont été accomplis et où des obstacles persistent.
Les femmes détiennent une participation majoritaire dans environ 20% de l'ensemble des entreprises au Canada. Les petites et moyennes entreprises détenues majoritairement par des femmes génèrent plus de $90 milliards de chiffre d'affaires annuel et fournissent près d'un million d'emplois.
Les femmes autochtones font preuve d'un engagement entrepreneurial particulièrement marqué. Vingt-trois pour cent d'entre elles sont propriétaires d'une entreprise, contre 20% des femmes non autochtones. Le Canada compte également plus de 100 000 entreprises détenues par des personnes 2SLGBTQI+, qui génèrent plus de $22 milliards d'activité économique et emploient plus de 435 000 personnes.
La diversité au sein des équipes de direction est liée à la performance. Les organisations dirigées par des femmes ont 25% plus de chances de surpasser leurs homologues en termes de rentabilité et d’innovation. Les avantages économiques sont déjà tangibles au niveau de la structure de l’actionnariat, de l’emploi, du chiffre d’affaires et des résultats organisationnels.
Les femmes représentent près de la moitié de la population active, mais elles n'occupent que 37% des postes de direction. Seules 5% des entreprises canadiennes ont une femme à la tête de leur direction générale.
Le parcours menant aux postes de direction est encore plus restreint pour les femmes aux identités croisées. Les femmes autochtones représentent 1% des viviers de cadres supérieurs, les femmes noires 1,8%, les femmes 2SLGBTQIA+ 1,8% et les femmes en situation de handicap 3,5%.
La représentation au sein des conseils d'administration reste tout aussi limitée. En 2025, les femmes autochtones occupaient 1% des postes d'administratrices, les femmes noires 2,5%, les femmes en situation de handicap 1% et les femmes 2SLGBTQIA+ 1%. Ces chiffres montrent pourquoi la planification inclusive de la relève, le parrainage, les marchés publics, le financement et les réseaux professionnels restent essentiels.
La plupart des femmes en âge de travailler sont désormais titulaires d’un diplôme d’études supérieures et ont dépassé les hommes en termes de niveau d’études, faisant du Canada l’un des pays les plus instruits au monde. En 1976, moins de 30% des femmes avaient suivi des études supérieures.
Parmi les femmes autochtones âgées de 25 à 64 ans, 54% avaient obtenu un diplôme de l'enseignement supérieur en 2021. Ces progrès s'accompagnent toutefois d'un écart. Le nombre de femmes non autochtones ayant achevé des études supérieures s'élevait à 71%, et la proportion de femmes autochtones titulaires d'une licence ou d'un diplôme supérieur était de 16%, contre 37% pour les femmes non autochtones.
En 2021, les femmes représentaient également 35% des titulaires d’une licence en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STEM) âgés de 25 à 64 ans. Même lorsqu’elles sont titulaires d’un diplôme STEM, les femmes sont plus susceptibles que les hommes titulaires d’un diplôme STEM d’être au chômage et de percevoir un salaire médian inférieur.
Le taux d'activité des femmes âgées de 25 à 54 ans a atteint 85% en 2025, soit une forte augmentation par rapport aux 38% enregistrés en 1976. Le taux d'emploi des femmes autochtones de cette tranche d'âge est passé de 63% en 2015 à 71% en 2025. Pourtant, en 2025, le taux d’emploi des femmes autochtones restait inférieur à celui des femmes non autochtones, s’établissant à 71% contre 80%, et cet écart n’a guère évolué depuis 2019.
En 2022, le taux d'emploi des femmes âgées de 25 à 54 ans sans handicap s'élevait à 84%, contre 73% pour les femmes en situation de handicap. Environ 18% des personnes 2SLGBTQI+ âgées de 25 à 64 ans se trouvaient dans la tranche de revenus la plus basse, contre 14% des personnes hétérosexuelles et cisgenres.
La discrimination reste un obstacle direct. En 2021, 30% de femmes transgenres et 22% d’hommes transgenres ont déclaré s’être vu refuser un emploi en raison de leur identité de genre. En 2020, le salaire annuel à temps plein s'élevait à $81 900 pour les hommes cisgenres âgés de 25 à 64 ans, $68 900 pour les hommes transgenres, $67 800 pour les femmes cisgenres, $66 000 pour les personnes non binaires et $64 300 pour les femmes transgenres.
Des services de garde abordables soutiennent les familles et favorisent la croissance des entreprises. Depuis 2019, leur développement a permis d’augmenter le PIB du Canada de plus de 1%, soit environ $32 milliards, et a aidé davantage de parents, en particulier les femmes, à exercer une activité professionnelle rémunérée.
Le programme canadien d’éducation de la petite enfance et de garde d’enfants offre à 900 000 enfants des services de garde de haute qualité à moindre coût et permet à une famille d’économiser jusqu’à $16 200 par enfant chaque année. En 2022, alors qu’il était difficile de trouver des services de garde, 38% des parents ont modifié leurs horaires de travail ou d’études, 37% ont réduit leur temps de travail et 33% ont dépensé plus que prévu.
Les femmes assument également une plus grande part des tâches de soins non rémunérées. Chaque semaine, elles consacrent quatre heures de plus que les hommes à s'occuper d'adultes et huit heures de plus à s'occuper d'enfants. Cet écart de 12 heures peut limiter leur travail rémunéré, leurs revenus professionnels, leur activité entrepreneuriale et leur temps de repos.
Les femmes continuent d'être majoritairement présentes dans les emplois les moins bien rémunérés. En 2022, 28% de femmes et 16% d'hommes occupaient l'un des cinq métiers les moins bien rémunérés, notamment dans la vente et les services, les soins et le soutien administratif.
Le Canada affiche le deuxième écart salarial entre les sexes le plus élevé du G7. En 2025, les femmes âgées de 25 à 54 ans travaillant à temps plein ou à temps partiel gagnaient 89 centimes pour chaque dollar gagné par les hommes. Cet écart est plus important chez les femmes noires, autochtones et issues de minorités ethniques. Le Canada a adopté la loi sur l'équité salariale en 2018 afin de garantir une rémunération équitable au sein de la fonction publique fédérale et des institutions sous réglementation fédérale.
Les disparités financières persistent chez les personnes âgées. En 2022, les femmes âgées gagnaient 26% de moins que les hommes âgés, ce qui représente une amélioration par rapport à l’écart de 34% enregistré en 1976. Les femmes âgées issues de minorités ethniques sont celles qui risquent le plus de se retrouver en situation de faible revenu ou de pauvreté.
En 2021, 19% de femmes âgées vivaient dans un logement inabordable, contre 14% d'hommes âgés. En 2018, 20% de femmes âgées et 15% d’hommes âgés vivaient dans des ménages consacrant 30% ou plus de leurs revenus au logement. En 2024, les taux de précarité financière s’élevaient à 30% pour les enfants issus de familles monoparentales dirigées par une femme et à 27% pour les personnes âgées vivant seules ou avec des personnes sans lien de parenté.
Les données montrent que les femmes et les entrepreneurs, professionnels, aidants et travailleurs de tous genres occupent déjà une place centrale dans l’économie canadienne. Elles montrent également que la formation à elle seule ne garantit pas l’égalité d’accès à l’emploi, aux postes de direction, à la propriété d’entreprise, à la rémunération ou à la sécurité financière à long terme.
Les entreprises et les institutions locales peuvent contribuer à combler ces écarts en élargissant les réseaux, en améliorant l'accès au capital et aux marchés publics, en mettant en avant les parcours de promotion vers des postes à responsabilités, en soutenant les structures d'accueil des enfants et la flexibilité, et en veillant à ce que l'accessibilité et l'inclusion soient prises en compte dans les décisions quotidiennes.
Femmes et Égalité entre les sexes Canada : faits, statistiques et impact de l'égalité entre les sexes
https://www.canada.ca/en/women-gender-equality/gender-equality/facts-stats-impact.html